Pas de politique!

Mon February 12, 2007

Bon, je m’étais un peu promis de ne pas parler de politique sur ce blog, parce que bon, j’aime pas trop ça, sur mon blog. Mais là, c’est juste pour dire que je suis bien contente que le Portugal se soit enfin prononcé pour la dépénalisation de l’avortement… même si seulement 40% des électeurs sont allés voter.

Pour les fanatiques de la défense de la vie de l’embryon, inutile d’envahir les commentaires, j’ai trouvé le bouton “effacer” dès les premiers spams. Non, ceci n’est pas un blog démocratique, c’est moi le chef.

Spaaaaam, spam, spam… (copyright Stuart 2006)

Nadine @ 11:02
Catégories: Humeurs
Catastrophe!

Wed January 24, 2007

Je viens de découvrir que la très japonaise série animée Full Metal Alchemist ne dure que 51 épisodes (de 24mn). J’en suis au 29ème, déjà, et je pensais pouvoir en déguster encore pendant quelques mois… snif.

Nadine @ 23:46
Catégories: Humeurs
Épidémie de blogs

Mon January 15, 2007

Ouh, vilains lecteurs qui ne me disent même pas qu’ils ont un blog! Et depuis longtemps en plus, les vaches. Heureusement, Pierre vient d’ouvrir le sien, et je découvre les autres en suivant les liens… donc ma liste s’est soudainement allongée. Des geeks et des bébés de geeks, une belle brochette. J’aurais dû deviner, quand je les voyais avaler leurs Guiness, que certains finiraient par s’expatrier en Irlande!

Par contre, Ramsès a lâchement abandonné le sien, snif. Je n’ai plus que la version au féminin des aventures rocambolesques de nos Malais préférés.

Oui oui, je vous raconterai l’Inde. Un peu plus tard, laissez-moi digérer.

Nadine @ 23:52
Catégories: Humeurs
Le complexe d’imposture

Wed January 3, 2007

Le Père Noël a été plutôt sympa cette année, il m’a offert un joli papier dûment tamponné, qui va me permettre de rester 6 mois de plus à Tokyo. Donc mon contrat se termine mi-septembre, et non plus mi-mars. Heureusement, car je commençais à paniquer: je n’aurais pas pu attaquer la partie la plus intéressante de mon projet, et j’aurais dû commencer à prospecter pour déménager et trouver du boulot à une période particulièrement chargée.

Seulement voilà, quelque chose me tracasse: je ne sais pas vraiment pourquoi j’ai obtenu cette extension. Est-ce parce qu’elle est offerte quasi-systématiquement? Est-ce parce que j’ai été bien gentille avec l’organisme de bourse en acceptant de faire tout ce qu’on me demandait? Ou est-ce parce que je le mérite? Voilà ce qui me taquine l’esprit… je ne sais toujours pas si je suis à ma place. Si je suis capable de faire ce métier, même si je ne suis pas un génie ou un bourreau de travail, ou si j’ai juste eu de la chance jusqu’à présent et que quelqu’un finira bien par me démasquer. Il paraît que c’est un syndrome courant, d’autant plus chez les filles qui ont eu la drôle d’idée de se lancer dans des domaines plutôt réservés aux garçons. Mais dans certains cas, ce n’est peut-être pas un complexe, juste une réalité…

Je n’arrive pas à me sortir ces doutes de la tête, malgré d’encourageants résultats. Je pars vendredi en Inde, pour présenter mon travail à des gens sérieux, qui semblent trouver ce que je fais suffisamment intéressant pour m’inviter à le présenter. Et je stresse terriblement… “Ça va se voir que j’ai fait des erreurs. Je vais me faire ramasser, ça va être l’horreur!” Et ça recommence en mars, cette fois à Stanford, devant des gens encore plus importants. J’en ai déjà les jambes qui flanchent, le cerveau bloqué par la peur, les mains qui tremblent.

Je me demande bien pourquoi je m’inflige tout ça. Mais est-ce que je pourrais vraiment faire autre chose?!

Enfin, en ce qui vous concerne, bande d’égoïstes, mon ryokan reste ouvert au moins jusqu’à début septembre. Mais je prierais les clients potentiels de ne pas débarquer avant début avril, je n’aurai vraiment pas le temps de vous accueillir proprement. De toute façon, avril c’est l’époque des cerisiers en fleurs…

Nadine @ 19:21
Catégories: Humeurs
Nouvel an nippon, en famille

Wed January 3, 2007

Comme je l’avais expliqué l’an passé, contrairement à la France, Noël n’est pas une date très importante pour les Japonais alors que le Nouvel An si. Noël, c’est pour les jeunes couples (je ne l’ai pas vraiment fêté, donc), alors que le Nouvel An est l’occasion de se retrouver en famille pour manger, dormir, regarder la télé, remanger… l’année dernière, je jouais encore les djeuns alors j’ai attendu le compte à rebours en boîte de nuit. Une ligne de moins sur ma todo-list. Cette année, j’ai été invitée par mon amie Kiyomi à goûter à la version traditionnelle, à partir du 1er janvier, chez ses parents près de Shizuoka. En effet, on a mangé, dormi, regardé la télé, remangé…

Je n’ai pas retenu le nom de tous les plats qu’on m’a fait essayer en deux jours, mais je peux au moins affirmer m’être fait servir un dîner entier à base de fugu, ce fameux poisson dont il vaut mieux savoir retirer la glande toxique. Apparemment, le poissonnier avait bien fait son boulot. Nous avons donc dégusté ce mets de choix en fines tranches crues (*), peau caoutchouteuse proposée séparément, puis en morceaux cuits dans le nabe. Lequel nabe a d’ailleurs ensuite servi à préparer une délicieuse soupe de riz (ojiya). Le tout arrosé de merveilleuses bouteilles de sake d’Aichi. Miâââm.

On m’a particulièrement recommandé un organe blanc et mou, le shirako, qui avait la texture du foie gras mi-cuit et qui s’est révélé être effectivement le foie mi-cuit du fugu. Apparemment le top du top, que je n’ai probablement pas su apprécier à sa juste valeur mais que je n’ai pas eu le temps de regoûter: tout le monde s’était jeté dessus. Et il y en avait du monde, de tout âge… ça m’a rappelé d’autres fêtes de famille animées! Sauf que là, je ne comprenais pas grand-chose aux conversations.

J’ai eu droit à d’autres plats typiques du Nouvel An: les kuromame, délicieux haricots noirs sucrés, les sacs d’œufs d’un poisson prolifique pour garantir une nouvelle année fructueuse, une espèce de ragoût de poulet avec des nœuds d’algues cuites, des tranches de racines de bardane et des morceaux de bambou, etc. Je n’ai hélas pas eu l’occasion de goûter les longues sobas à avaler bruyamment aux alentours de minuit le 31 décembre pour se souhaiter longue vie.

Car si vous avez bien suivi, le 31 vers minuit, j’étais dans mon petit temple à me souhaiter bonne santé. On peut pas tout faire, hein. Peut-être en décembre prochain, si je reste encore un peu?

  • (*) accompagnées de sauce de soja, sans wasabi mais avec une pâte équivalente au gingembre et aux carottes, joliment appelée momiji-oroshi, que je traduirais maladroitement par le “râpé à la couleur d’automne”
Nadine @ 18:50
Catégories: Essai/erreur
Minuit, au temple

Mon January 1, 2007

De ce côté de la planète, c’est l’heure des vœux pour l’année qui commence. Je vous laisse énumérer toutes les bonnes choses que 2006 vous a apportées, ainsi que toutes les bonnes choses que vous attendez de 2007, et bien sûr toutes les bonnes résolutions.

Au temple

Pour ma part, après un petit dîner de réveillon à cinq, très simple mais très agréable, je me rendue dans mon petit temple shinto de quartier, et j’ai fait la queue comme tout le monde pour offrir ma pièce de 5 yens (celle qui porte chance), secouer la cloche et “prier”. Les Japonais sont très supersticieux. J’ai demandé à choper moins de microbes cette année, on verra si ça marche. C’était une nouvelle expérience amusante, et une façon de me booster un peu plus le moral pour les prochains mois, qui promettent d’être chargés mais motivants.

En passant, 2007 est l’année des 35 ans de l’arrivée au Japon du champion international catégorie poids lourd de la malbouffe. Sans déc. Est-ce que Ronald se déguisera en maid pour l’occasion?!

Nadine @ 01:26
Catégories: En vrac
Au bout du maki

Sat December 2, 2006

(c) Christèle

Ben voilà. Après presque deux mois pendant lesquels j’ai accueilli le flot d’amis venus profiter du bel automne nippon, je me retrouve tout seule chez moi. Soulagée et triste, épuisée et ravie, tout à la fois…

Maintenant, ménage et boulot. Beaucoup moins excitant.

Nadine @ 12:40
Catégories: Humeurs
Que le spectacle commence!

Sat December 2, 2006

Dimanche dernier, c’était journée cirque. Nous nous sommes levés un peu tôt, pour traîner dans mon quartier préféré de détente dominicale: Harajuku. En sortant de la station, vous avez le choix:

  • la rue commerçante Takeshita-dori, où vous trouverez pêle-mêle des fringues punk-goth-lolita ou hippie, des costumes de maid (1) et des chaussettes indescriptibles ;
  • le pont où se retrouvent les cosplayers (2), aux costumes, coiffures et maquillages improbables, le plus souvent des filles qui restent des heures entre copines à se faire prendre en photo ;
  • la partie calme du parc de Yoyogi, avec le temple shinto Meiji-Jingu, où se déroulent défilés traditionnels des cérémonies de mariage et nombreux événements religieux et saisonniers. J’aime particulièrement l’exposition annuelle de chrysanthèmes et la “fête de l’au-revoir aux poupées”. L’occasion d’admirer robes de mariées et kimonos de fête.
  • la partie moins calme du parc de Yoyogi, avec les groupes de musiciens (de la J-pop sirupeuse, du jazz, du rock… du très bon au très mauvais!), l’Association des Rockabillies de Tokyo, fiers de leur superbes bananes ultra-gélifiées et qui s’agitent par tout temps sans lâcher leur blouson en cuir ni leur peigne, ceux qui s’entraînent au skate, au vélo d’acrobatie, à la capoeira, aux claquettes, au jonglage… l’endroit idéal pour un pique-nique.

Puis, nous avons un peu galéré pour arriver jusqu’au chapiteau du POP Circus, une troupe d’Osaka installée pour quelques mois à Tachikawa, en banlieue de Tokyo. Comme toujours, un public Japonais bon enfant, capable de faire tout ce qu’on leur demande sans peur du ridicule, qui rit aux blagues déporables des clowns, et qui trouvent les petits chiens super kawai (3).

Petite piste et petite troupe, mais un joli spectacle. L’adrénaline et le vertige qui me boostent en suivant des yeux grands ouverts les trapézistes et les acrobates, l’excitation et l’admiration devant la souplesse, la force, l’équilibre et la grâce des artistes. Pas devant leurs costumes kitschissimes, mais ça…

Par contre, j’aime pas les clowns. Peut-être depuis que j’ai dévoré Ça de Stephen King? Mais là, les entendre répéter sumimasen (4) et daijobu (5) m’a permis de supporter leurs sketchs. J’ai même rigolé quand l’une de leurs peluches s’est mise à marcher… j’ai applaudi le pauvre chien qui devait étouffer sous son déguisement de tigre!

Aaaaaah les costumes…

  • (1) maid: servante, bonne. La mode des costumes de maid fait rage depuis quelques années à Tokyo, en particulier dans le quartier de Akihabara. Mais ça mérite un billet entier.
  • (2) cosplayers: littéralement, ceux qui jouent à se costumer.
  • (3) kawai: mignon. Les Japonais (et surtout les Japonaises) l’utilisent sans cesse, ici presque tout est kawaiiiiiiiiiii.
  • (4) sumimasen: pardon, désolé(e)…
  • (5) daijobu: sans problème, tout va bien…
Nadine @ 12:34
Catégories: Essai/erreur
L’art de la procrastination

Thu November 23, 2006

Récemment, plein de choses sympas, et plein de boulot moins sympa.

D’abord, j’ai passé un agréable long week-end au vert, en compagnie d’amis charmants (dont un qui a été profondément marqué par cette excursion hors de la Yamanote). Puis je me suis enfuie sous le soleil d’Okinawa pour fêter mes 25 ans (pour la n-ième année consécutive), cette fois sur la plage, avec barbecue de poissons frais et légumes variés, gâteau au thé vert et pâte de haricots rouges, et, comme je l’avais demandé à mes amis de Naha, feux d’artifice tout comme dans Sonatine. Le bonheur…

Les autres jours: glandouille, promenades à pieds, en bateau et en voiture, snorkeling et kayak de mer, aquarium et château, minshukus accueillants avec l’inévitable spam grillé au petit déj… nous sommes restés sur l’île principale, car j’avais déjà visité les îles du sud en juin dernier et que 6 jours c’est court. J’étais avec Stuart, qui a pris plaisir à expérimenter l’encastrage de voiture dans un poteau en béton qu’il jure n’avoir pas été là 2mn auparavant. Les policiers ne nous ont pas cru. Ils ne voulaient pas croire non plus que cet étrange gaijin ne parlant pas un mot de Japonais, en possession d’un passeport Australien et d’un permis de conduire Français dûment accompagné de sa traduction en Japonais, avait bel et bien le droit de conduire au Japon. C’est écrit , pourtant. Mais c’était drôle de voir tous ces gens défiler pour le constat, de s’excuser platement une bonne cinquantaine de fois, de se faire aider par les flics pour balayer les miettes de pare-brise, et de finalement récupérer une voiture plus grande pour le même prix (ok, faut compter la franchise quand même, mais vu l’état de la voiture après notre passage, on s’en est bien tirés…).

 

Comme en juin, j’ai eu l’impression de quitter le Japon pour retrouver la Thaïlande. Du baume au cœur pour quelques mois!

Seulement voilà. Comme toute procrastineuse professionnelle, il me fallait une bonne excuse pour que ma motivation, à bloc à mon retour sous l’effet combiné de la chaleur et des vacances fantastiques, ne retombe comme un soufflé sorti du four: j’ai attrappé un joli rhume. À plat pendant plusieurs jours, le cerveau vide, la tête à l’envers, comme bourrée sans avoir eu besoin de boire. Pas de chance, n’est-ce pas?! D’autant plus que je commence à être franchement à la bourre sur mon projet, et qu’il serait temps que j’y passe 10H par jour, quelques week-end compris, pour avancer. Mais à la place, c’est tellement mieux de rester au lit…

Nadine @ 21:58
Catégories: Essai/erreur
Questions de lycéennes…

Thu October 26, 2006

“En France, toutes les filles sont aussi jolies et bien habillées que vous?”

Gloups. Heureusement, celle-là, elles ne me l’ont posée qu’à la fin, en privé! J’ai senti le sang me monter aux joues, et j’ai balbutié qu’en France, on trouve que ce sont les Japonaises qui sont jolies et bien habillées. Elles ne m’ont pas crue, ces attachantes adolescentes cachant leurs rires gênés derrière leurs mains, comme le font les Japonaises de tout âge. À part ça, j’ai été ravie qu’on me pose des questions, mais surprise que seules les filles osent prendre la parole. À croire que la guerre des sexes est universelle.

J’ai donc passé environ une heure en compagnie d’une quarantaine d’élèves d’un lycée Japonais, à leur présenter une version très édulcorée de mon domaine de recherche. Parler de créatures virtuelles, d’intelligence artificielle, d’émotions simulées à ceux qui ont grandi au milieu des AIBOs et autres tamagochis, c’est tout de même plus facile que pour les physiciens quantiques. Mais ça reste un exercice délicat, la vulgarisation! Surtout lorsque le public n’est pas à l’aise en Anglais. Heureusement, un des doctorants de mon équipe s’était dévoué pour m’accompagner. Ma première performance avec traduction simultanée!

Ah, dans les écoles aussi, il faut se déchausser. J’avais l’air maligne, moi, en jupe longue et chaussons en plastique… je me suis cachée au plus vite derrière le bureau. Les élèves portent des baskets blanches, partie de l’uniforme, qu’ils rangent soigneusement dans leurs casiers avant de remettre leurs chaussures de ville.

Autre surprise de taille: le salut en début et fin de cours. Au signal du professeur, la classe entière se lève, baisse humblement la tête et marmonne je-ne-sais-quoi, avant de se rasseoir. Je ne savais pas quoi en faire, alors j’ai gentiment répondu tout pareil. J’espère que je n’ai pas bousculé les règles ancestrales!

Et comme à chaque fois que j’ai eu l’occasion d’enseigner, je me suis vraiment fait plaisir… ouain, pourquoi je suis partiiiiiiie?!

Nadine @ 22:45
Catégories: Essai/erreur