Ici, les balais sont différents des nôtres. Ils ressemblent à des éventails en paille de riz avec un manche court. Plutôt efficaces, mais mauvais pour le dos puisqu’il faut balayer courbé. Mais je m’éloigne des moutons de ce billet. En fait, je voulais parler de ballet, mais le Français est une langue tellement appropriée pour ce genre de jeu de mot idiot que je n’ai pas pu m’en empêcher.
Je viens de voir mon tout premier ballet.
Après avoir vécu 20 ans à Lyon, la Capitale de la Danse (et de la Gastronomie, mais ce n’est pas le sujet), il m’aura fallu venir à Bangkok pour assister à un spectacle de danse contemporaine de l’Opéra de Lyon: Tricodex, chorégraphié par Philippe Decouflé. Quelques scènes décevantes, mais la plupart des tableaux étaient magnifiques: les délicates tentacules des amibes et les scorpions à la queue gracile, les ballerines aériennes, la fille-toupie, la mécanique du temps qui passe… costumes, décors et accessoires superbes… poésie et humour, harmonies et désynchronisations calculées, mouvements inattendus, danseurs épatants… c’était tout simplement beau, comme un rêve délirant mais merveilleux.
Dommage d’avoir dû l’admirer enfermés dans un frigo: il devait faire 18° dans la salle, contre 35° à l’extérieur. Ils avaient poussé la clim pour impressionner la Princesse venue assister à la dernière représentation. J’avais oublié mes chaussettes.
J’avais soigneusement évité de répondre au questionnaire de Thomas, mais Samuel me refile avec enthousiasme la patate chaude. Je vais donc être obligée de l’avouer publiquement: je ne lis pas. Pendant que mes amis dévorent les livres, je peine à terminer 7 ou 8 ouvrages par an. J’aime bien lire, mais je lis très lentement et ce n’est pas mon loisir prioritaire, c’est tout. Je préfère le cinéma, la musique et les gens, et je n’ai pas le temps pour tout. Je vais tout de même répondre à ces questions gênantes du mieux possible.
1. Combien lisez-vous de livres par an?
Pas beaucoup, donc. Disons 7 en moyenne. À peine plus si on compte les BD.
2. Quel est le dernier livre que vous ayez acheté?
Oui, je sais compter, il y en a 5. Mais j’ai fait un achat groupé il y a environ 4 mois, comment dire quel était le dernier à passer en caisse? J’en suis à la moitié du premier. D’ici quelques années, je pourrai donc vous faire part de mon avis.
3. Quel est le dernier livre que vous ayez lu?
“The hitchhiker’s guide to the galaxy” de Douglas Addams, en version originale. Ca détend.
4. Listez cinq livres qui comptent beaucoup pour vous ou que vous avez particulièrement appréciés.
Oui, je sais compter, il n’y en a que deux. Mais ce sont les deux seuls pour lesquels je peux arrêter ma petite vie pour les avaler d’une traite. Bon ok, c’est plus facile à faire pour “Le Petit Prince”…
5. À qui allez-vous passez le relais (trois personnes) et pourquoi?
À personne. Tous les bloggueurs que je connais se sont déjà pliés à cet exercice.
Voilà, c’est fait. Pendant que j’y suis, je n’aime pas nager non plus: j’adore marcher et m’asseoir dans l’eau, mais je ne prends aucun plaisir à gigoter frénétiquement bras et jambes dans un liquide qui peut d’un instant à l’autre me submerger et m’ôter cette vie que d’aucuns qualifieraient de banale voire tristounette mais que j’aime tant. Je n’aime pas non plus le cannabis, parce que ça ne me fait rien du tout et que ça rend les autres ramollis du cerveau. Je n’aime pas non plus raconter ma vie intime sur un blog, parce qu’elle ne serait plus intime. Je n’aime pas non plus faire toujours la même chose, parce que je m’ennuie très vite. Je n’aime pas non plus me tromper, parce que ça fait mal. Et je n’aime pas perdre mon temps, parce qu’il m’est compté.
Je n’avais pas prévu d’avoir de co-locataire quand je me suis installée dans cet appartement gigantesque. Je comptais rester tranquille, toute seule. Beaucoup d’invités de passage ont toutefois squatté la chambre d’amis (qui était faite pour ça), pour plus ou moins longtemps. J’ai finalement été moins seule que prévu… je ne râle pas: c’était sympa! Mais des fois, c’est bien d’être à nouveau libre de faire tout ce qu’on veut sans avoir à s’occuper de quelqu’un d’autre.
Mon premier co-locataire, cependant, s’est invité sans me demander mon avis. Arthur est apparu un matin dans ma cuisine, à mon grand plaisir car j’adore ces bestioles à sang froid. Arthur est un adorable lézard, de ceux qu’on voit beaucoup par ici se chauffer à la lumière des lampes. Un jour, j’ai failli le noyer en me versant généreusement un grand verre d’eau sans remarquer qu’il s’était installé au fond de mon verre… j’ai eu peur! Quelques semaines plus tard, Zoé, lézard plus petit et presque transparent, a rejoint la famille.
Depuis quelques temps, ils ne me rendent plus visite, j’en suis bien attristée. Une petite famille moins sympathique est venue les remplacer: j’ai commencé leur élimination progressive. Car autant j’apprécie la présence des lézards, autant je n’aime pas beaucoup les blattes… et je ne parle pas des ridicules blattes parisiennes, qu’on écrabouille à coup de sopalin. Je parle de ces énormes insectes immondes qui vous regardent avec insolence quand vous leur demandez gentiment de partir. Cette semaine, j’ai dû asperger le pauvre Kradox de poison… il s’était caché dans mon rouleau d’essuie-tout, horrible surprise au petit déjeuner.
Bref, je suis loin de vivre seule ici!
… gastro! C’est la cinquième depuis que je suis arrivée en Thaïlande, il y a à peine 8 mois. La dernière avait quand même fini par m’envoyer à l’hôpital pour de bon, mais cette fois je me suis précipitée chez le médecin pour obtenir un traitement dès les premiers symptômes: tête qui tourne, début de diarrhée, nausées, légère fièvre et surtout d’horribles crampes instestinales à couper le souffle. J’ai ma dose d’antibiotiques et d’anti-douleurs, je suis seulement un peu assommée.
C’est étrange, car je n’avais pas été franchement malade quand j’étais venue en vacances dans la région. Pourtant, j’avais abusé de nourriture locale, en particulier de fruits découpés et de glaces achetés dans la rue. Et autant à Ko Chang en décembre j’avais eu l’idée stupide de m’offrir un barbecue de fruits de mer pas si frais sur la plage (je suis revenue en catastrophe sur Bangkok dès le lendemain matin), autant les trois dernières fois j’étais à Bangkok et je n’avais rien mangé de spécial… enfin si, en fait. J’avais craqué pour du vrai jambon, enfin ce qui s’en rapproche le plus ici: du jambon sous vide Carrefour directement importé de France. Apparemment, la chaîne du froid n’est pas bien respectée! Même si je meurs d’envie de me faire un sandwich jambon-gruyère, je m’abstiendrai la prochaine fois.
Je suis plus sensible que la moyenne aux bactéries et virus bénins en tous genres, hélas, mais méfiez-vous quand même de la bouffe occidentale à risque achetée dans une grande chaîne. Les khaopat (riz frits) et soupes de nouilles dégustés dans la rue ne m’ont jamais rendue malade!
Je hais ces jours où tout va mal et où on se sent vraiment nul. J’ai passé la matinée à essayer de réparer les dégâts d’un crash incompréhensible d’iMovie sur le PowerBook de l’école, sur lequel nous sommes deux à faire du montage audio et vidéo. J’ai pu récupérer une partie du travail de mon collègue, mais j’ai perdu toutes les séquences vidéos pour le mien. Six mois de travail avec les enfants…
Pas grave, me dis-je, j’ai une copie du DVD pratiquement finalisé sur un DVD-RW, et au pire j’ai une sauvegarde récente du projet iDVD quelque part. Graves erreurs: le DVD-RW apparaît vierge sur le seul PC de ma salle qui possède un graveur de DVD, et sans les séquences du projet iMovie, le projet iDVD ne sert à rien… j’ai passé la deuxième moitié de la journée chez un revendeur Mac pour essayer de grapiller quelques fichiers, mais tout avait été bien proprement effacé.
Je rentre donc écoeurée et déprimée chez moi, imaginant la déception des enfants quand je leur annoncerai la mauvaise nouvelle. Avec ce terrible sentiment d’avoir été minable: je n’ai pas pris assez de précautions, j’ai fait confiance à la machine encore une fois, et pourtant je devrais le savoir depuis le temps! La mort dans l’âme, je me couche, j’éteins la lumière… et là me prend l’idée saugrenue de vérifier une dernière fois le DVD-RW sur mon Mac: miracle! Tout est là! Crétin de PC, tu vas me le payer. On ne m’y reprendra plus (hum, j’aurais pas déjà dit ça une bonne dizaine de fois?).
Un grand merci à Saint-Médard, patron des agriculteurs, qu’on prie plutôt contre le mauvais temps et le mal de dent paraît-il. Génial, les saints multi-fonctions!
J’adore ce pays… ici, on peut se faire livrer tout et n’importe quoi. En particulier, la nourriture. Même McDo et Burger King ont leur “Delivery Service”! Impeccable quand on n’a pas envie de sortir ni de cuisiner.
Mais il y a encore mieux.
J’habite dans un “condo” (condominium), une résidence qui offre des services variés: réception digne d’un grand hôtel, téléphone interne, techniciens pour réparer le téléphone ou le lave-linge, gardiens en costume qui nous font le salut militaire, magnifique piscine avec maître-nageur, terrains de tennis et de squash, salle de jeux pour les enfants, mini-épicerie pour produits d’urgence (biscuits, boissons, papier toilette…), petite bibliothèque, et surtout…
…surtout, un restaurant, qui peut nous monter la commande! Je viens de les appeler pour déguster un poulet aux noix de cajou avec une petite soupe de légumes et du riz. Prêts en 10mn, pour 80 bahts soit 1,60 euros. C’est dimanche soir, j’ai du boulot, et j’ai la flemme…
C’est la saison des mangues et des litchis: fruits délicieux et très bon marché, ici. En rentrant de l’école lundi, je suis donc passée au petit marché près de chez moi pour me ravitailler. J’y ai découvert des litchis post-Tchernobyl! Enormes et très juteux, mais finalement moins bons que les plus petits, ceux au discret goût de rose que j’adore…
