Bon, pour rattrapper la séance de cinéma d’hier soir, j’ai fini le dernier Harry Potter cette nuit. Que je n’aurais pas dû commencer tout de suite parce que maintenant il va me falloir attendre un an pour savoir la suite. Sans risquer de dévoiler l’histoire, je peux vous dire qu’il y a de sacrés rebondissements. Elle est douée, Miss Rowling.
Mais il me donne toujours autant envie de lui mettre une claque, ce gamin.
La bande-annonce française donnait envie de le voir, mais j’aurais dû me fier à la version anglo-saxonne. Vraiment, H2G2 n’est pas à la hauteur du premier tome de la succulente trilogie en 5 volumes de Douglas Adams. Visuellement, c’est plutôt réussi et Zaphod est excellent (si on oublie sa deuxième tête). Mais Marvin perd tout son charme, Ford n’a aucune personnalité, Arthur est mou. Et j’attendais une Trillian éclatante! À la place, ils nous servent une amourette niaiseuse…
Projet délicat, bien sûr, car l’humour absurde de l’auteur est évidemment difficile à mettre en image. Et ils sont passés à côté, à mon avis. Pourquoi avoir ajouté tant de gags lourdingues? Déçue, je suis.
Je lui donnerai toutefois une deuxième chance, quand j’aurai l’occasion de le revoir avec l’accent British. Car, aussi étonnant que cela puisse paraître, à Lyon, deuxième ville de France, il passait dans deux salles et seulement en V.F. Pfff!
Ce soir, nous étions tous au rendez-vous: têtes d’épingles illuminées, traînées de Perséides, mini-Mars et moi. On a passé un bon moment ensemble. Qui oserait encore dire que je ne sais pas m’amuser?
Puisque tout finit par arriver, je rencontrerai donc le Prince Charmant d’ici trois mois. Environ.
Hier soir, je me suis fait un de ces petits plaisirs, du genre qu’on peut partager mais c’est tellement mieux tout seul. Vous voyez ce que je veux dire? En ce doux mois d’août, dans un tranquille quartier résidentiel de la banlieue lyonnaise, quel bonheur d’admirer le ciel étoilé, en solitaire… j’ai oublié le nom des constellations, mais elles me font toujours rêver.
Hier soir, subjuguée par les soleils lointains et envoûtée par le chant des grillons, je me suis demandée quand était la traditionnelle “Nuit des étoiles”. Surprise: les festivités sont prévues pour le lendemain! Je vais pouvoir à nouveau compter les étoiles filantes, et faire quelques vœux pour de rire (style “je rencontrerai le Prince Charmant d’ici 3 mois”). En dégustant des mini-Mars. Le pied!
C’était oublier que, des fois, le ciel plein d’étoiles est aussi plein de nuages. Et qu’il n’y a plus de mini-Mars…
Depuis mon arrivée, je suis troublée, étonnée, perdue. Le silence déjà, surtout en cette première quinzaine d’août, après le bruit perpétuel de l’Asie. Plus de flot continuel de voitures, tuks-tuks, motos… ni le claquement des tongs, ni le chant infernal des cigales, ni la radio des taxis diffusant la sirupeuse pop locale, ni l’inénarrable appel du gecko. L’air étant plus sec, mes petites chaussures ne font pas le même bruit. Les bâtiments sont tous pareils, sans lézardes, propres, sobres. On peut marcher sur les trottoirs (si l’on fait abstraction des crottes de chien).
Où sont les dorures, les odeurs agressives, le kitsch et les paillettes? Et pourquoi ils roulent du mauvais côté? Et pourquoi ils parlent tous une langue que je comprends? J’ai perdu mon statut d’étrangère, mais je ne me sens pas complètement d’ici non plus. Étrange goût de “Lost in translation“, dont l’intensité varie en fonction du lieu.
Ici, la crispation naturelle des Occidentaux contraste tant avec la nonchalance des Thaïs, des Laotiens et des Cambodgiens à laquelle je m’étais habituée. Nous qui avons toutes les raisons de nous réjouir de notre situation privilégiée, nous ne faisons que râler à longueur de journée. En bons Français. Nous devrions nous inspirer de ces gens, de leur tolérance et de leur patience face aux aléas du quotidien, qui leur permet de conserver leur joie de vivre malgré des conditions souvent difficiles: maï pen raï! Ils sont aussi individualistes et égoïstes que nous, mais solidaires sans militantisme, au jour le jour et comme ils peuvent. Et ça fonctionne, tant bien que mal, sans se pourrir la santé mentale. Plus efficace que les anti-dépresseurs: quelques mois en Thaïlande! On débarque l’esprit ouvert, on repart le cœur léger.
Ceci dit, 3 euros le verre de menthe à l’eau dans un café Lyonnais, faut pas pousser!
Me revoilà en France, pays froid et sec. Oui je sais, il est censé faire chaud en août, mais 20° au réveil après une moyenne continuelle de 28°, croyez-moi: c’est dur. Au moins, il fait beau.
Bref. Yeux défoncés et nez qui coule déjà, gros pull et chaussettes, je veux rentrer chez moi! Ah non c’est vrai, j’ai rendu les clés. Les cartons sont prêts à être envoyés à Tokyo dès que j’aurai un nouveau chez moi. En attendant, c’est les vacances à la “campagne”: Francheville-le-Haut est si calme, ça sent bon le gazon mouillé et la forêt, je vais retrouver peu à peu la famille et les vieux amis.
La belle vie, ici aussi!