C’est fou ce que le trip-hop se marie bien avec les déambulations plus ou moins hasardeuses dans Tokyo. En boucle dans mes écouteurs en ce moment:
You were like a glance onto the stars
As we were dancing forward and reverse
One old day, under heavy rain.
Don’t ever say that we were unhappy then.
(”Forward and reverse”, Bang Gang, “Something wrong”, thanks to N.)
Ce matin, j’ai voulu faire comme les Japonais dans le métro. J’ai donc déposé doucement mon sac à dos sur le porte-bagage situé au-dessus des banquettes, pour que mon humble petite personne tienne moins de place. Je savais avoir alors toutes les chances de l’oublier, mais je me suis dit “nan, tu ne vas pas oser!”. Raté. Je sors de la rame (au bon arrêt, pas comme hier), les portes se referment et je réalise que, comme prévu, j’ai oublié mon sac. À croire que mon inconscient l’a fait exprès pour que j’ai quelque chose à raconter aujourd’hui.
Je me précipite sur le premier employé de gare qui traîne pour lui expliquer ma terrible situation. Me voilà prête à découvrir le service des objets trouvés du métro de Tokyo. Après avoir tant bien que mal décrit le sac et son contenu en Japaglish, le gentil monsieur me confirme que mon sac a été retrouvé et m’attend sagement quatre stations plus loin. Je n’ai donc perdu qu’une petite demi-heure.
Vraiment, ils sont forts ces nippons. Mais vraiment, ça sera plus facile quand je saurai me débrouiller en Japonais. Un niveau de maternelle Grande Section me suffira, merci.
Vous avez remarqué? Quand les gens souhaitent organiser une soirée en semaine, ça tombe souvent le mercredi. Donc le jeudi matin, réveil difficile. Hier soir, nous avons fêté la réussite de quatre jeunes docteurs: trois Thaïs et une Chinoise. J’avais rencontré l’un des Thaïs il y a deux ans. Quelques heures immergée dans un groupe multi-culturel, à écouter des conversations en Allemand, à commander de l’umeshu (1) en Japonais, à échanger quelques mots en Thaï, à discuter en Anglais bien sûr, et à garder mon Français pour moi parce que j’étais la seule. Un délice!
Resto sympathique, petits discours exprimant à la fois la joie de retrouver le pays et la tristesse de quitter ceux qui ont rendu ces années d’effort moins douloureuses, remise de cadeaux d’adieu, félicitations et remerciements qui fusent… puis, l’inévitable karaoke!
Faut vraiment que j’apprenne par cœur deux ou trois bons extraits de J-pop (2), ça va vite me lasser de chantouiller “hit me baby one more time” (3)…
NDLT:
Normalement, vous devriez pouvoir enfin voir les photos… Coppermine, c’est bien, mais faut pas lui en demander trop.
Les Japonais adorent la paperasse. Il faut remplir, signer, brasser, photocopier, tamponner, re-remplir, re-signer… pour ce que j’en ai compris, il y aurait deux raisons à cela:
Exemple: dès mon arrivée, je remplis patiemment un formulaire pour tenter d’obtenir un studio réservé aux chercheurs étrangers. En particulier, je précise que je souhaiterais emménager au 1er octobre. Le plus vite possible quoi. Mais la réponse n’arrivant que le 11 octobre, je ne pouvais au mieux m’installer que le 15 octobre. Grave manquement au protocole! Le formulaire a été allègrement renvoyé au service des affaires étrangères de l’institut. Évidemment, il fallait absolument modifier la date souhaitée, contre-signer puis envoyer à nouveau l’ensemble au centre d’accueil.
Bref. Dire que je suis censée développer un système adaptatif à base de règles…
À la demande générale, je me suis décidée à mettre quelques photos en ligne. Je vais essayer de garder la galerie à jour. En particulier, je tiens à ce que vous profitiez des meilleurs moments de ma visite de l’Expo!
Le premier lundi au boulot, parce que le précédent était férié alors je suis sagement restée à la maison. Donc, une journée très productive: ce matin, j’ai accompagné Ludovic à la gare (il était bien chargé pour aller voir sa petite famille à Lyon), j’ai réussi à ouvrir un compte en banque à la Shinsei (branche de Shibuya bien sûr, pour la frime), j’ai rempli des paperasses pour indiquer ce changement de situation à l’organisme de bourse (trois allers-retours entre mon bureau et celui de l’assistante du Professeur), j’ai récupéré plus de 5000 euros en liquide (mon premier versement de bourse, waaah) (dire que tout va disparaître pour obtenir un appartement, pfff, j’ai failli être riche).
Puis cet après-midi, je me suis battue férocement contre les imprimantes récalcitrantes de l’étage. J’ai perdu. Impossible de faire du recto-verso depuis mon Mac, j’ai dû demander piteusement à un étudiant d’imprimer sous Windows. Puis recherche active d’une trouilloteuse pour assembler mes tas de papiers avec de belles spirales. Personne ne semblait savoir où se trouvait un tel appareillage, mais j’étais convaincue de son existence. J’ai gagné. Yapuka lire les beaux tas de papier spiralés maintenant.
Non, ce n’est pas un remake de “Stupeurs et tremblements”. Qui a dit “pas encore”?!?
Ah, ne m’en parlez pas! Un cauchemar. Faire la queue pour tout, se faire bousculer (moins violemment qu’en France certes, mais en foule le Japonais est tout de suite moins discipliné), se faire mal aux pieds et au dos pour ne finalement voir que des attractions de foire sans intérêt. Bref, si j’aurais su j’aurais pas v’nu. Un gâchis d’énergie, de temps et d’argent. Même pour acheter le guide du site, bêtement vendu dans le magasin de souvenirs et non au stand d’information, il fallait faire la queue pour entrer, se frayer un chemin dans les rayons, puis faire la queue pour payer. À 10H00, ils étaient déjà en train de collectionner les produits dérivés…
Positif 1: j’ai quand même pu admirer quelques robots (mais impossible de pénétrer dans le fameux pavillon Toyota), visiter les toilettes, prendre l’IMTS (un mini-bus à conduite semi-automatique), manger un bout de pizza, étudier les installations extérieures de fourniture d’énergie renouvelable et le système de tri des déchets (mais impossible de pénétrer dans le fameux pavillon central qui donnait les explications), boire un café au lait au distributeur de boissons, voir un documentaire sur le train à très grande vitesse à lévitation magnétique, observer à loisir les Japonais vu qu’il devait y avoir 3 pauvres gaijins pour 1000 autochtones.
Positif 2: le lendemain, j’ai préféré visiter Nagoya, c’était bien plus agréable. Mais ça ne vaut pas le déplacement, à mon avis. Le château est moins intéressant que celui d’Himeji, le musée des sciences est amusant mais moins bien que celui de Tokyo, et les temples sont mignons mais ça ne vaut pas Nara et Kyoto. Ca doit valoir la peine de visiter les usines Toyota, mais il faut être en groupe organisé.
Positif 3: j’ai un joli guide de l’Expo, qui va me permettre de trouver des informations sur ce que je venais voir mais que je n’ai pas vu.
Ce matin, j’ai demandé ma carte d’alien (l’alien registration card, sorte de carte de séjour) à la mairie de mon quartier, Meguro. Arrivée à l’ouverture, 8H30, tout était en place et tout le monde travaillait. Pas de pause café préalable, pas de causette entre employés dans les couloirs, tout est propre et bien rangé. Je suis toute intimidée.
Affaire réglée en 1/2H: j’aurai mon bout de plastique dans trois semaines. En attendant, j’ai un beau certificat pour ouvrir un compte en banque. De plus, ils me remettent cérémonieusement 1kg de documentation sur les services du quartier, une carte détaillée du coin, un prospectus expliquant le tri des déchets, et surtout un manuel de survie en cas de catastrophe (tremblement de terre, ouragan et inondation)… arghl.
Ils sont forts ces nippons. Mais heureusement que je connais trois mots de Japonais, parce que leur anglais parlé, même au service pour les étrangers, c’est pire que le Thaiglish.
Ce soir, avec Ludovic mon sympathique “logeur”, j’ai revu Office Space. Un film sans prétention, narrant les déboires de trois développeurs de la Silicon Valley dans une petite entreprise à l’organisation absurde, qui ressemble hélas un peu trop à la réalité. Je me suis bien marrée…