Je viens de découvrir que la très japonaise série animée Full Metal Alchemist ne dure que 51 épisodes (de 24mn). J’en suis au 29ème, déjà, et je pensais pouvoir en déguster encore pendant quelques mois… snif.
Ouh, vilains lecteurs qui ne me disent même pas qu’ils ont un blog! Et depuis longtemps en plus, les vaches. Heureusement, Pierre vient d’ouvrir le sien, et je découvre les autres en suivant les liens… donc ma liste s’est soudainement allongée. Des geeks et des bébés de geeks, une belle brochette. J’aurais dû deviner, quand je les voyais avaler leurs Guiness, que certains finiraient par s’expatrier en Irlande!
Par contre, Ramsès a lâchement abandonné le sien, snif. Je n’ai plus que la version au féminin des aventures rocambolesques de nos Malais préférés.
Oui oui, je vous raconterai l’Inde. Un peu plus tard, laissez-moi digérer.
Le Père Noël a été plutôt sympa cette année, il m’a offert un joli papier dûment tamponné, qui va me permettre de rester 6 mois de plus à Tokyo. Donc mon contrat se termine mi-septembre, et non plus mi-mars. Heureusement, car je commençais à paniquer: je n’aurais pas pu attaquer la partie la plus intéressante de mon projet, et j’aurais dû commencer à prospecter pour déménager et trouver du boulot à une période particulièrement chargée.
Seulement voilà, quelque chose me tracasse: je ne sais pas vraiment pourquoi j’ai obtenu cette extension. Est-ce parce qu’elle est offerte quasi-systématiquement? Est-ce parce que j’ai été bien gentille avec l’organisme de bourse en acceptant de faire tout ce qu’on me demandait? Ou est-ce parce que je le mérite? Voilà ce qui me taquine l’esprit… je ne sais toujours pas si je suis à ma place. Si je suis capable de faire ce métier, même si je ne suis pas un génie ou un bourreau de travail, ou si j’ai juste eu de la chance jusqu’à présent et que quelqu’un finira bien par me démasquer. Il paraît que c’est un syndrome courant, d’autant plus chez les filles qui ont eu la drôle d’idée de se lancer dans des domaines plutôt réservés aux garçons. Mais dans certains cas, ce n’est peut-être pas un complexe, juste une réalité…
Je n’arrive pas à me sortir ces doutes de la tête, malgré d’encourageants résultats. Je pars vendredi en Inde, pour présenter mon travail à des gens sérieux, qui semblent trouver ce que je fais suffisamment intéressant pour m’inviter à le présenter. Et je stresse terriblement… “Ça va se voir que j’ai fait des erreurs. Je vais me faire ramasser, ça va être l’horreur!” Et ça recommence en mars, cette fois à Stanford, devant des gens encore plus importants. J’en ai déjà les jambes qui flanchent, le cerveau bloqué par la peur, les mains qui tremblent.
Je me demande bien pourquoi je m’inflige tout ça. Mais est-ce que je pourrais vraiment faire autre chose?!
Enfin, en ce qui vous concerne, bande d’égoïstes, mon ryokan reste ouvert au moins jusqu’à début septembre. Mais je prierais les clients potentiels de ne pas débarquer avant début avril, je n’aurai vraiment pas le temps de vous accueillir proprement. De toute façon, avril c’est l’époque des cerisiers en fleurs…
Comme je l’avais expliqué l’an passé, contrairement à la France, Noël n’est pas une date très importante pour les Japonais alors que le Nouvel An si. Noël, c’est pour les jeunes couples (je ne l’ai pas vraiment fêté, donc), alors que le Nouvel An est l’occasion de se retrouver en famille pour manger, dormir, regarder la télé, remanger… l’année dernière, je jouais encore les djeuns alors j’ai attendu le compte à rebours en boîte de nuit. Une ligne de moins sur ma todo-list. Cette année, j’ai été invitée par mon amie Kiyomi à goûter à la version traditionnelle, à partir du 1er janvier, chez ses parents près de Shizuoka. En effet, on a mangé, dormi, regardé la télé, remangé…
Je n’ai pas retenu le nom de tous les plats qu’on m’a fait essayer en deux jours, mais je peux au moins affirmer m’être fait servir un dîner entier à base de fugu, ce fameux poisson dont il vaut mieux savoir retirer la glande toxique. Apparemment, le poissonnier avait bien fait son boulot. Nous avons donc dégusté ce mets de choix en fines tranches crues (*), peau caoutchouteuse proposée séparément, puis en morceaux cuits dans le nabe. Lequel nabe a d’ailleurs ensuite servi à préparer une délicieuse soupe de riz (ojiya). Le tout arrosé de merveilleuses bouteilles de sake d’Aichi. Miâââm.
On m’a particulièrement recommandé un organe blanc et mou, le shirako, qui avait la texture du foie gras mi-cuit et qui s’est révélé être effectivement le foie mi-cuit du fugu. Apparemment le top du top, que je n’ai probablement pas su apprécier à sa juste valeur mais que je n’ai pas eu le temps de regoûter: tout le monde s’était jeté dessus. Et il y en avait du monde, de tout âge… ça m’a rappelé d’autres fêtes de famille animées! Sauf que là, je ne comprenais pas grand-chose aux conversations.
J’ai eu droit à d’autres plats typiques du Nouvel An: les kuromame, délicieux haricots noirs sucrés, les sacs d’œufs d’un poisson prolifique pour garantir une nouvelle année fructueuse, une espèce de ragoût de poulet avec des nœuds d’algues cuites, des tranches de racines de bardane et des morceaux de bambou, etc. Je n’ai hélas pas eu l’occasion de goûter les longues sobas à avaler bruyamment aux alentours de minuit le 31 décembre pour se souhaiter longue vie.
Car si vous avez bien suivi, le 31 vers minuit, j’étais dans mon petit temple à me souhaiter bonne santé. On peut pas tout faire, hein. Peut-être en décembre prochain, si je reste encore un peu?
De ce côté de la planète, c’est l’heure des vœux pour l’année qui commence. Je vous laisse énumérer toutes les bonnes choses que 2006 vous a apportées, ainsi que toutes les bonnes choses que vous attendez de 2007, et bien sûr toutes les bonnes résolutions.

En passant, 2007 est l’année des 35 ans de l’arrivée au Japon du champion international catégorie poids lourd de la malbouffe. Sans déc. Est-ce que Ronald se déguisera en maid pour l’occasion?!