Archive du mois: August, 2007


Trente, quatre, et des brouettes

Thu Aug 16, 2007 @ 04:53 |

Trente et des brouettes, c’est la température qu’il fait dans ma petite chambre à tatami depuis bientôt deux semaines. Jour et nuit. Le taux d’humidité n’aide pas, l’absence de brise non plus. Facile de perdre l’appétit et le sommeil. Surtout le sommeil.

Quatre et des brouettes, c’est l’heure à laquelle je me réveille en sueur ces derniers jours. Cette fois, j’ai décidé de lâcher l’affaire et de ne même plus essayer de me rendormir. Je colle. J’étouffe. J’ai faim. J’ai soif. Mais pas le courage de me lever. Un coup de pouce de Mère Nature : l’immeuble se met à danser, juste quelques secondes. Je me lève, donc, prête à évacuer l’appartement. Puis à simplement atteindre le frigo.

Une demi-heure plus tard, les semi, assourdissantes cigales locales, se mettent à chanter : le ciel blanchit déjà, bientôt le soleil tapera férocement sur le balcon.

L’année dernière, quand le thermomètre annonçait plus de 28°C dans ma chambre, je laissais tourner la clim du salon toute la nuit pour gagner deux ou trois degrés. Pas très écolo, mais nécessaire au maintien de ma santé mentale. Mais le salon est maintenant la chambre de Yuki, et je ne vais pas lui demander de choper la crève pour me permettre de dormir. Allez, aujourd’hui, j’achète un ventilo.

Noir&Blanc

Sun Aug 12, 2007 @ 18:47 |

L’exposition “De qui s’agit-il ?” s’est tenue au MOMAT (Musée National d’Art Moderne de Tokyo) pendant deux mois, et s’est terminée aujourd’hui. Comme me l’a heureusement rappelé Yuki un peu avant midi. Je me suis donc précipitée sous la douche puis dans le métro puis dans le musée, pour voir cette rétrospective de Henri Cartier-Bresson, que j’avais prévu de visiter mais les jours passent et ma mémoire avec. Heureusement que je suis arrivée vers 13H, car en sortant deux heures plus tard, la queue avait décuplé…

Bilan : aaaargh. Comment vous voulez que je continue à prendre des photos après ça? Hein?! Bon. Après une bonne dose de pancakes bien mérités, j’ai repris mes esprits. Après tout, photographier c’est “mettre sur la même ligne de mire la tête, l’œil et le cœur. C’est une façon de vivre.” C’est lui qui l’a dit.

Je n’en ferai pas mon métier, il faut pour cela talent et passion, mais je continuerai à me faire plaisir. En couleur, parce que le noir et blanc c’est pas mon truc. Et toc. Même pas mal.

Tôfu

Wed Aug 8, 2007 @ 23:12 |

Au début, vraiment, j’aimais pas ça, ce flan blanchâtre visqueux et sans goût, à base de soja. Puis je suis allée tout au sud, à Ishigaki, où j’ai rencontré trois Japonais sympathiques, qui m’ont forcée à déguster la version locale. À cause d’eux, j’ai dû changer d’avis. Le flan avait du goût, et une texture qui se rapprochait de la crème brûlée réussie. Surprenant.

Cette semaine, pour la première fois depuis mon arrivée, je me suis décidée à acheter du tofu. Dur de choisir parmi les cinquante sortes disponibles au supermarché du coin, alors j’en ai pris un blanc, qui ressemblait le moins possible aux cubes industriels servis à la cantine. Avec une recette volée à la patronne de La Jetée, petit mélange d’huile d’olive au basilic et de sauce de soja, plus quelques flocons de pâte de poisson séché, c’était drôlement bon.

Un an, il m’aura fallu. Je suis pas une rapide.

Dans le même registre, j’ai failli rater la saison de la fabrication maison d’umeshu. Normalement c’est juin, mais j’ai un peu traîné alors les prunes commençaient à se rider quand j’ai fini par trouver le bocal adéquat. Yuki avait commandé pour moi un excellent shochu sur Internet, et j’avais du fructose en stock. Avec un mois de retard, j’ai rempli mon bocal, toute fière.

Yapuka attendre… un an, donc.

Un dimanche à la plage

Mon Aug 6, 2007 @ 22:36 |

Avec Nora, nous sommes allées à la plage d’Onjuku, dans la Préfecture de Chiba. Environ deux heures de train pour l’atteindre, mais ça valait la peine. Surtout comparée à la plage bétonnée, grise et sale de Kamakura, ou celle encore plus déprimante d’Odaiba. Il y faisait meilleur qu’au centre de Tokyo, où les jours comme les nuits ne sont plus trop vivables sans la clim.

Il y avait un vent incroyable, qui nous a fait imprudemment oublier que nous étions en train de griller comme des poulets, malgré la crème solaire et le parasol, et qui nous a offert un peeling gratos avec le sable à gros grain de la plage. Yeux compris.

C’était chouette! Maintenant, j’ai les yeux tout rouges et la peau qui gratte. Je vais pas tarder à peler. On se croirait en vacances…

Fuji Rocks

Sat Aug 4, 2007 @ 12:33 |

(ouais je sais, tous les anglophones du coin la font cette blague à deux balles, mais bon)

Le week-end dernier, donc, je suis allée au festival Fuji Rock. Un must pour les amoureux de musique un peu bruyante. Principalement rock, comme son nom l’indique. Trois jours de programme chargé, sur différentes scènes en plein air éloignées les unes des autres, au milieu de superbes montagnes. Difficile donc de voir tous les groupes qui pourraient exciter délicieusement nos précieux tympans (protégés comme il se doit par de précieux bouchons d’oreilles, pour ma part).

D’abord, The Cure est revenu après 23 ans d’attente des fans Japonais. Robert n’a pas changé de coiffure ni de maquillage, mais il a pris du poids. Il semblait sincèrement touché par ces retrouvailles. Il nous a offert plus de 2H d’émotion et de souvenirs, combinés à de nouvelles chansons qui ne m’ont pas emballées mais c’est surtout parce que je désespérais de me laisser bercer par Lullaby et tirer l’eau des yeux par Love song. Entre autres. Jusqu’à ce qu’il les entonne. Presque toutes. Argh, quel bonheur…

Ensuite, je passe brièvement sur Muse. J’avais été déçue une nouvelle fois par leur comportement au festival Summer Sonic l’an passé. Je ne change pas d’avis: un show impeccable mais sans âme, une maîtrise technique incroyable mais aucune communication avec le public, et la destruction massive du matériel obligatoire à la fin histoire de montrer qu’on est des rebelles. Au moins, cette fois ils n’ont insulté personne. Toujours agréable de retrouver leurs chansons, mais je suis contente de ne pas avoir payé (cher!) exprès pour ça.

Iggy Pop et les Beastie Boys étaient en forme, face à une foule qui débordait du terrain, mais j’en ai surtout profité pour aller faire la queue aux toilettes (3mn seulement contre une moyenne d’une demi-heure sinon) et la queue aux stands de bouffe (idem). Jusque-là, il faisait beau, très chaud en journée et bien frais la nuit.

Le dimanche soir, Tokyo Ska Para a réussi à réchauffer la masse des survivants à la pluie qui s’est invitée sans demander notre avis. Tout le monde dansait et gigotait et sautillait dans tous les sens, avec des sourires jusqu’aux oreilles. Moi avec. Un remède efficace! Et une bonne préparation pour la suite: The Chemical Brothers. Excellents mix en continu, fluides et galvanisants, accompagnés de visuels flashants. Boîte de nuit électro géante sous les étoiles… le dos en compote, mais quel pied!

Succès incontestable des vieux, bien établis. Et plein de jeunes autour, mais aucune révélation pour moi. Je donnerai juste sa chance à Clap your hands say yeah!, qui sortait un peu de la soupe ordinaire.

La nuit, plein de choses aussi, mais je m’écroulais plutôt sous la tente humide et froide vers 2H du matin, après avoir fait la queue pour me nettoyer les quenottes… pour un réveil étouffant 6H plus tard, prête à refaire la queue aux toilettes, au onsen pour le décrassage indispensable, aux stands pour le petit déj, etc.

Retour en voiture sous une pluie délirante, cinq heures de route car on ne voyait pas les panneaux et le système de navigation était scotché aux cartes des années 50, donc on s’est royalement paumés sur les voies express. Mais tout le monde est resté de bonne humeur, ravis qu’on était de ces quelques jours entre amis, en camping, en montagne et en musique.

Comme toujours, le public Japonais est adorable. Et on peut laisser traîner ses affaires sans risque. Ça, ça va vraiment me manquer.