Comme je l’ai expliqué aux marmots, je suis à l’école des maîtresses pour deux semaines. En formation, quoi. L’occasion de prendre un peu de recul sur nos pratiques de débutants et de récolter quelques idées intéressantes qu’on s’empressera de tester au retour sur nos cobayes préférés.
Cette formation étant prévue depuis décembre, je savais que je serais remplacée. J’ai donc laissé deux pages d’explications pour faciliter la tâche du remplaçant lundi. Le lendemain, j’apprends qu’il n’a été prévenu que le matin même et qu’il est donc arrivé à 11h en classe. Ça commence bien.
Aujourd’hui, on finit pour une fois à l’heure, je passe donc à l’école pour le rencontrer. Devant le portail, les mamans, gênées, me disent que je manque terriblement à leurs rejetons: ça ne se passe pas très bien avec le monsieur, qui crie beaucoup. Je suis étonnée, car même si je leur manque un peu d’habitude, les remplaçants sont vite adoptés (surtout celle qui vient toujours avec son doudou-souris!). J’arrive devant la classe et les gamins me sautent dessus pour un câlin collectif inattendu. Je suis touchée, mais je m’inquiète un peu.
Les enfants partis, il me dit que “ouais ça se passe quoi” et me fait indélicatement remarquer que je n’ai pas laissé de feuilles d’activité pour la semaine. Traduisez: je pensais arriver les mains dans les poches, je sais pas quoi leur faire faire pour les occuper tes merdeux. Pas faute d’avoir proposé des pistes, et c’est quand même son boulot hein.
Je passe voir les collègues, un peu retournée. “Ah, ton remplaçant, quel con! Un vrai glandu, il en a rien à foutre!”, me sort direct l’une d’entre elles, c’est pourtant pas son genre.
Les boules de laisser ma classe à un naze, et encore plus d’avoir rencontré un de ces profs caricaturaux qui feraient mieux de changer de métier. Je sens que je vais passer une mauvaise nuit.