Un peu court, mon cher

Sun March 11, 2012 @ 20:35 |

Jean m’annonce qu’il vient passer ses vacances au Sri Lanka, profitant de la présence de sa soeur pour quelques semaines encore, et qu’il faut que je vienne. Alors bon, je m’arrange comme je peux pour prendre 3 jours autour d’un week-end, pendant une très courte période de calme au boulot, et hop j’embarque pour le petit pays voisin.

Cinq jours de balades sympathiques, mais bien trop de transport à mon goût en si peu de temps.

D’abord, près de 24h de trajet depuis Pondichéry jusqu’à Trincomalee:

  • Chloé qui me dépose à la gare routière vers 8h
  • contrôleur qui m’assure “Il faut prendre ce bus là, il va à l’aéroport de Chennai, pas de problème.”
  • bus qui me débarque après 3h30 au milieu de la route avant l’aéroport
  • auto-rickshaw qui m’emmène en 15mn jusqu’à l’aéroport en travaux
  • petit stress au moment du check-in (“Faut un visa à l’avance, au fait?!”) et au passage à l’immigration (“Comment ça, vous n’avez pas toujours sur vous le papier prouvant votre enregistrement auprès de l’immigration?!”)
  • moins d’1h30 de vol à me faire photographier et filmer par mes voisins comme une star oscarisée
  • visa à l’arrivée (“Ouf!”)
  • petit stress pour trouver de l’argent (“Ah non, on change pas les roupies indiennes ici.” puis “Comment ça je peux pas retirer plus de 30€ en roupies sri lankaises au distributeur?”)
  • navette gratuite puis mini-bus qui me débarque après 1h30 au milieu de la route avant la gare de train
  • achat d’une carte SIM pour appeler Laetitia mais c’est pas le bon numéro
  • j’atteins difficilement le bon guichet, mais c’est vendredi soir donc ya plus de couchettes disponibles, ni de sièges-couchettes, juste des places sans réservation en 2nde ou 3ème classe, ça promet
  • je poireaute 1h sur le quai, et à l’arrivée du train, je me précipite dans un wagon 2nde classe et je m’installe (“Ouais, j’ai réussi!”) et…
  • j’apprends que je suis dans la partie du train qui se sépare en pleine nuit pour une autre destination
  • je me précipite dans un autre wagon 2nde classe et je m’installe (“Ouais, j’ai réussi!!”) et…
  • j’apprends que je suis dans le wagon des sièges-couchettes réservés
  • je me précipite dans un autre wagon 2nde classe et…
  • ya plus de place assise
  • enfin, si, on me prend en pitié, pauvre touriste assise sur le sol entre deux voitures avec mes sacs, et on déplace finalement les valises pour me laisser m’asseoir sur un siège fixe et pas très rembourré
  • départ 21h, arrivée 6h30, gâh.

 
Démarrant la journée en bonne compagnie, avec petit déj sur la plage déserte à deux pas de la guesthouse et baignade tranquille dans une eau claire à température idéale, j’oublie vite la fatigue du voyage. Ok, la sieste sur le sable en fin d’après-midi m’a un peu aidée à tenir jusqu’au soir. Au programme du week-end: plage et snorkeling, temples qui mélangent allègrement Bouddha et les dieux hindouistes, crevettes grillées, causette avec les pêcheurs du coin, pastas italiennes et punch qui a fait quelques kilomètres.

Le dimanche après-midi, deux bus pour atteindre Polonnaruwa, site touristique majeur de l’île. Visite du parc archéologique à vélo le lendemain matin, des vieilles pierres qui me rappellent singulièrement Angkor. Petit pincement au cœur.

Puis changement de plan: nous avions prévu de passer par Sigiriya, pour visiter la forteresse planquée tout en haut d’un gros caillou, mais le temps va nous manquer. Nous prenons finalement tout de suite le bus pour Colombo, histoire d’être rentrés le soir au lieu de passer la nuit sur la route. On nous dit “pas de souci, 5h de bus et il s’arrête toutes les 2h pour la pause-pipi”. Il s’arrête effectivement pour la pause-pipi, au bout de 5h, mais on a encore 2h de trajet. Une chose est sûre: les voyages en train, même dans des conditions pas très confortables, c’est quand même vachement mieux que le bus.

Le lendemain matin, shopping dans les boutiques de la capitale, et me voilà déjà sur le chemin du retour. En bonne backpackeuse du dimanche qui avait largement eu sa dose d’exotisme, j’ai pris un taxi pour l’aéroport à Colombo, puis un taxi pour revenir de Chennai.

Bilan: un peu mal aux fesses, mais une bonne coupure! Et l’envie de retourner un de ces jours pour profiter plus longuement de cette goutte de terre qui a drôlement vite cicatrisé de la récente guerre civile.

Et les hoppers, c’est super bon.

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5 commentaires à “Un peu court, mon cher”

  1. Ooh, je connaissais pas, les hoppers, c’est vrai que ça a l’air bon, ça. 🙂

  2. Mélanie says:

    C’est drôle mais ton histoire ne me fait pas rêver. Il va falloir de bons arguments à Laurent s’il veut m’emmener un jour en Asie (le Japon mis à part) car ce n’est pas en lisant ton blog que l’envie va grandir.
    Ceci étant, tu vas avoir des tas de souvenirs.

  3. Nadine says:

    Aaah, Mélanie, c’est parce que tu vois surtout la galère des transports! Je n’aurais pas fait 24h d’affilée si j’avais pu rester plus longtemps. Et j’aurais réservé une couchette à l’avance…

    Pour le reste, c’était vraiment chouette, quand on aime les temples (en ruine ou tout neufs), passer un moment à regarder les jolis poissons vivre leur petite vie de jolis poissons, goûter à plein de trucs, passer un moment à regarder les gens du coin vivre leur petite vie de gens du coin (et si possible discuter un peu avec eux!), prendre des photos… en plus avec un compagnon sympa qui aime voyager de la même façon, sautant sur les occasions qui passent sans se prendre la tête, c’est cool!

    Bref, c’est chacun ses goûts! 🙂

    Bruno: j’ai même rapporté une poêle spéciale dans mes bagages… mais faudrait que je m’en serve, maintenant. C’est tellement plus facile d’aller dans les restos. 😉

  4. Le Sri Lanka n’est pas toute l’Asie, et on peut très bien galérer aussi au Japon (dans certaines stations les noms sur les plans ne sont pas marqués autrement qu’en kanji, les agents supposés aider les voyageurs ne maîtrisent pas forcément l’anglais, les plans de métro ne sont pas du tout à l’échelle, etc). Y’a plein d’autres pays très sympas en Asie (le Vietnam c’est très joli :)), et de manière plus générale, pour les transports, il suffit de tomber le mauvais jour, et ça peut être l’horreur n’importe où (en France par exemple, où ça marche à peu près en temps normal, et où ça peut devenir le chaos total -plusieurs heures de blocage en pleine voie sans aucune information, plus les toilettes bloquées, etc- s’il y a le moindre imprévu technique).

    Pour les hoppers : je suis tenté de croire que, comme beaucoup de spécialités typiquement locales, ça n’a sa vraie saveur qu’à condition de le déguster dans le contexte approprié, et donc probablement, en effet, dans un restaurant. C’est tout aussi vrai pour l’anguille à Nagoya, ou un chè à Hanoï. Comme en plus c’est généralement pour nous une découverte (au sens où on n’en a jamais mangé avant), le goût et les odeurs sont associés très fortemment au souvenir du lieu, et donc aussi aux événements liés à cette période. Le goût et les parfums sont un marqueur très puissant de la mémoire et, de même que nous sommes faits, physiquement, de ce que nous mangeons, de même nous sommes psychiquement constitués de notre vécu, de nos souvenirs. 🙂

  5. …et j’allais oublier de citer, bien sûr, les bagels sur Broadway Avenue ! Indispensable…


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