Tolérance zéro

Sat September 27, 2014 @ 02:11 |

De retour du karaoké, je viens de me faire arrêter pour un contrôle d’alcoolémie, poli, rapide, et sans embrouille. Ma première fois au Japon, ma deuxième fois en quelques décennies.

Mes collègues m’avaient prévenue dès mon arrivée : si tu te fais choper à conduire en état d’ébriété, même après juste un fond de verre d’umeshu, tu peux perdre ta licence. Ta licence d’enseignement, pas seulement ton permis de conduire. Donc perdre ton boulot. Alors bien sûr, je ne prends jamais le risque. La soirée a été dignement arrosée au Coca, sans glace mais avec sucre quand même, faut pas déconner.

Quand on a bu au Japon, et que les transports en commun laissent à désirer, il y a trois grandes options : se faire trimballer par un pote (qui n’a pas bu, sinon on est complice et c’est guère mieux), héler un taxi, ou faire appeler un “daikô” (代行). Le daikô, c’est une invention formidable : deux conducteurs débarquent à bord d’une minuscule voiture, l’un d’eux conduira votre véhicule pendant que l’autre suivra dans sa boîte de conserve à roulettes. On paie à la distance, et c’est en général moins cher qu’un taxi.

En passant, depuis mon arrivée à Okinawa, je fais face à un problème inattendu quand je me retrouve dans une boîte-à-chanter. Évidemment, quand je suis avec des Japonais, il y a beaucoup de chansons auxquelles je ne peux pas participer, je vais d’ailleurs devoir me mettre sérieusement à mémoriser quelques perles d’Okinawa. Mais mon problème vient surtout des autres étrangers. La plupart sont américains ou canadiens, et je découvre à quel point nos répertoires sont incompatibles : je ne connais pas le quart de leurs chansons apparemment cultes, et je me retrouve souvent bien seule avec des morceaux que je pensais archi-connus. Je n’avais pas ce problème à Tokyo, notre merveilleux groupe germano-anglo-franco-australien avait semble-t-il une culture musicale européenne en commun. Surtout 80’s bien sûr.

C’est très perturbant, croyez-moi.

Et euh, la première fois qu’on m’a demandé si je voulais un “daikô”, j’ai compris “daikon“. Le gros radis blanc. J’ai trouvé que mes collègues avaient un sens de l’humour un peu particulier après quelques bières.

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